Impossible compromis entre les classes

Pourquoi toute politique progressiste devra aboutir à l’expropriation les actionnaires ?

Depuis maintenant quelques décennies, les programmes politiques de gauche opposés au néolibéralisme défendent l’idée qu’une baisse des profits des entreprises pourrait constituer un levier pour assurer une meilleure justice sociale. Cela paraît simple comme bonjour. Les actionnaires gagneraient certes moins, mais la valeur de leur entreprise continuerait de croître pendant que les salariés profiteraient de nouvelles avancées sociales… Pour certains, cette nouvelle politique annoncerait la reprise d’un cercle vertueux de croissance sans remise en cause des actionnaires. Pour d’autres, il s’agirait d’une étape intermédiaire avant leur expropriation. Or ce scénario d’un compromis ou d’une étape provisoire est devenu tout simplement intenable.
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[Note de lecture] Le PCF confronté à « l’Europe »

Nicolas Azam, Le PCF confronté à « l’Europe », Une étude socio-historique des prises de position et des recompositions partisanes, Dalloz, 2017.

Dans ce livre impressionnant de contenu, Nicolas Azam se livre à un examen détaillé des positions du PCF sur l’Europe de sa création en 1921 jusqu’à à la fin du 20e siècle. C’est un travail extrêmement fouillé non seulement des publications officielles, mais aussi des fonds d’archives du parti, des enregistrements sonores des réunions du comité central, auxquelles s’ajoutent de nombreux entretiens avec les acteurs encire vivants. Il permet donc de comprendre non seulement les prises de décision officielles, mais aussi la manière dont sont prises les décisions, les débats internes, les injustices soviétiques, les relations complexes avec le Parti communiste italien,…
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Les magistrats jouent le jeu de Tron

On pourrait espérer que dans les procès pour viol, en 2017, en France, on interroge la stratégie de l’agresseur, que ce soit les actes des personnes mises en cause qu’on étudie. Et pourtant c’est encore et toujours les victimes qui sont scrutées, et dont on finit par laisser entendre qu’elles y sont bien pour quelque chose, qu’elles l’ont bien cherché.

Quand la disqualification de la parole de la victime vient de la part de la défense, on comprend encore la logique, sans la partager. Mais, trop souvent, comme l’illustre le procès Tron, cette prise de position vient des magistrats.

Ces derniers ne semblent toujours pas formés à la question des violences sexuelles, ne semblent pas connaître les phénomènes de sidération, de dissociation ou la mémoire traumatique. Et ça, c’est quand le dépôt de plainte n’a pas été refusé au commissariat, qu’il y a eu une enquête, que la plainte n’a pas été classée sans suite et que les faits sont bien qualifiés de viol (crime) et non d’agression sexuelle (délit)…

Et d’aucun·es se demandent pourquoi les victimes de violences sexistes et sexuelles ne portent pas plainte ? C’est pourquoi Travail & démocratie se positionne pour la création de brigades et de juridictions spécialisées. Des professionnels bien formés permettraient enfin de traiter correctement ce type de dossier.