Combattre les violences sexuelles et sexistes : une priorité

Ce 25 novembre c’est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Comme depuis 1999, en France et ailleurs dans le monde, les organisations féministes organisent des rassemblements, manifestations et autres événements pour sensibiliser et informer le public sur les violences sexistes et sexuelles. Travail & Démocratie soutient ces initiatives et appelle ses adherent•e•s et sympatisant•e•s d’y participer activement.

Cette année, dans le contexte de la campagne #metoo par laquelle des milliers et milliers des femmes, victimes de harcèlement et de violences sexuelles et sexistes, ont montré clairement le caractère massif de ce phénomène de société, qui touche aussi les lieux du travail, l’évènement est d’autant plus symbolique.

En France, les organisations féministes appellent à des mesures concrètes de la part du gouvernement. Notre parti s’associe à cet appel et saluera toute avancée sans nourrir aucune illusion quant à la réelle volonté de ce gouvernement d’agir concrètement sur ce sujet. Ce gouvernement dont les toutes premières mesures concernaient les coupes budgétaires pour le secrétariat (et non le ministère) aux droits des femmes. Cela arrive dans un contexte où les associations comme le CFCV (Collectif Féministe Contre le Viol) et l’AVFT (Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail) , sans parler des organisations locales ou des hébergements d’urgence, sont encore plus submergées de demandes que d’habitude, alors que les financements publics baissent, malgré des exigences de montage de projets et d’évaluation de plus en plus bureaucratiques. On peut également mentionner la nouvelle réforme du Code du Travail avec des consequences particulierement negatives pour les femmes.

Nous sommes donc loin d’une politique réellement engagée contre les violences sexuelles et sexistes et contre les inégalités, dans le cadre familial, sur les lieux du travail comme dans d’autres sphères de la société.

C’est d’autant plus flagrant que, dans une période où il faut agir de toute urgence contre les violences à l’égard des femmes, seules deux initiatives recentes viennent du gouvernement et de la majorité parlementaire. La première concerne l’établissement de 13 ans comme limite à partir de laquelle une fillette, par exemple victime d’un viol par un adulte, sera obligée de prouver qu’il ne s’agissait pas d’un « acte consenti ». C’est une parfaite aberration.

La deuxième initiative est un projet de loi déjà déposé par les élus Modem et soutenu par les députés de la majorité, relatif à la mise en place systématique de la garde alternée pour des enfants en cas de divorce ou séparation. Ce projet de loi, comme le signalent à juste titre et les intervenantes sur ce sujet, comme SOS Les Mamans , et le Haut Conseil à l’Egalité, ne prend absolument pas en compte toutes les femmes, mais aussi les enfants, victimes de harcèlement et de violence de la part de l’ex-compagnon. Des situations qui sont fortement majoritaires dans le cas d’une séparation. Il s’agit donc d’une initiative partisane, inspirée bien plus par les lobbies masculinistes que par les réalités connues sur le terrain.

Le 25 novembre comme une journée « internationale » nous rappelle également qu il ne s’agit pas ici d’un phénomène franco-français mais bien mondial. Le plus près de nous, on retrouve quasiment les mêmes caractéristiques de ce phénomène dans d’autres pays membres de l’Union Européenne. Si les actions pour le contrer existent par endroit mais restent très « nationales » et timides, on assiste surtout à une monté des courants politiques réactionnaires et mysogines qui cherchent à se coordonner au niveau européen. Il existe aujourd’hui un recul rétrograde très visible en terme des droits des femmes dans de nombreux pays de l’UE, comme par exemple en Pologne et en Croatie.

L’année dernière, partout en Europe c’est exprimé la solidarité avec les femmes polonaises mobilisées contre le projet de suppression du droit à l’IVG. Si l’on ne peut pas dire que cette mobilisation de solidarité ait poussé le gouvernement polonais à reculer, on peut affirmer que c’était une mobilisation utile qui a aidé le mouvement des femmes en Pologne de faire plier le gouvernement. Ce moment de solidarité européenne, bref mais fort, a permis de revenir sur toutes les situations nationales et a montré à quel point les droits des femmes, furent-ils juste formels, sont menacés partout en Europe. Finalement, cette mobilisation a dévoilé le souhait de l’égalité comme d’en finir avec les violences sexuelles et sexistes partout en Europe.

L’Europe est un terrain politique sur lequel les avancées ne sont pas seulement possibles mais aussi elles y sont indispensables. Il faut l’occuper.

C’est la raison pour laquelle Travail & Démocratie veut porter un programme pour les prochaines élections européennes avec une place majeure pour des questions de l’égalité et la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

Nous ne le ferons pas seul•e•s. Nous invitons toutes les intervenantes sur ces sujets, issues du monde syndical ou associatif, militantes ou professionnelles, de prendre part dans l’élaboration du programme mais aussi de le défendre et le porter au coeur du Parlement européen.

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