Socialisation des logements – Comment occuper les 2,8 millions de logements vacants ?

Attribuer un logement à chaque personne « sans domicile fixe » est théoriquement possible. Il s’agit de trouver une solution digne pour les personnes mal logées ou pas logées du tout, soit 3 500 000 personnes selon les associations. La socialisation des logements vacants est donc une bonne réponse, à condition de bien poser le problème. La solution que défend Travail & Démocratie n’est pas la réquisition au cas par cas, mais une politique de socialisation massive.

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[Note de lecture] Travailler autrement : les coopératives

[Note de lecture] Travailler autrement : les coopératives

Le livre de Benoît Borits et Aurélien Singer, « Travailler autrement : les coopératives » est une excellente introduction aux questions actuelles de la démocratie dans l’entreprise.

La première partie propose un rapide survol historique du mouvement coopératif depuis deux siècles. Il évoque non seulement les coopératives de production, mais également d’autres formes liées comme les coopératives de consommation, les mutuelles, etc., qu’elles soient ou non liées à l’histoire du mouvement ouvrier. La seconde partie dresse un panorama du paysage coopératif actuel à l’échelle planétaire, qu’il s’agisse de l’évolution des législations ou des phénomènes d’entreprises récupèrées par les salarié-es, en Grèce comme en Amérique latine. La troisième partie discute des conditions de travail dans les entreprises coopératives, en pointant les avantages, mais aussi les limites de la coopération dans un cadre capitaliste. L’approche est d’autant plus honnête qu’elle reconnaît les difficultés liées au manque d’études bien documentées sur les conditions de travail dans les coopératives. Elle aborde également la nécessité du travail syndical dans les coopératives. Enfin, la dernière partie est faite de conseils pour le intégrer une coopérative, ou en créer une.

La plupart des questions sont abordées de manière succincte, ce qui pose parfois plus de questions que de réponses. on aimerait parfois en savoir plus, mais ça n’est pas l’objet d’une synthèse aussi vaste.  Cela donne un livre clair et accessible, qui traite le sujet avec sympathie et recul critique. Les auteurs ne manquent pas de pointer les problèmes que les coopératives doivent affronter dans le cadre économie actuel : concurrence, financement, licenciements, bureaucratisation…  Tout en marquant leur préfèrence pour une véritable démocratie sur le lieu de travail, sans prise de participation financière, ils montrent comment, malgré ces difficultés, les coopératives actuelles sont un pas vers une autre organisation sociale du travail. Je ne peux qu’en recommander la la lecture aux camarades et sympathisant-es de Travail & Démocratie.

Benoît Borits et Aurélien Singer, « Travailler autrement : les coopératives », Éditions du détour, 2017.

Vers un salaire minimum européen ?

Des parlementaires français se prononcent pour un salaire minimum dans chaque pays d’Europe. Ce qu’il faut, pour lutter contre le dumping social, c’est un véritable salaire minimum européen, et c’est très différent.

Un rapport parlementaire sur le salaire minimum européen vient d’être rendu public. Ce n’est pas que les députés français se passionnent pour la vie quotidienne des travailleurs des pays les plus pauvres de l’Union, mais ils sont confrontés à un problème simple et évident : on ne peut pas construire un marché commun efficace si les partenaires se font concurrence pour la principale marchandise du capital, la force de travail. Lire la suite

L’entreprise est une dictature

Comment s’appelle un système politique dans lequel ceux qui décident ne sont pas élus ? Une dictature. L’entreprise est donc une dictature, puisque ceux qui décident, les actionnaires, ne sont pas élus. Ils nomment des directeurs, qui nomment des cadres supérieurs, qui nomment des cadres, selon une hiérarchie toute entière contrôlée par le sommet.

Bien sûr, il existe dans les pays les plus avancés des lois qui limitent l’arbitraire, des syndicats qui en tempèrent les excès, des solidarités entre collègues qui améliorent le quotidien. Mais une dictature modérée est toujours une dictature.
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L’association, un modèle d’avenir ?

Si j’insiste sur ce point, c’est que je me méfie de la propension à vouloir, avec les meilleures intentions du monde, tout réglementer à l’avance, imaginer qu’on peut produire un cadre idéal qui s’appliquerait à toutes les entreprises, au-delà des principes généraux de la démocratie. En fait, l’inquiétude que suscite cette idée, reflète une pensée moulée dans le cadre de l’étatisme. La démocratie dans l’entreprise est tout le contraire de l’étatisme.

 

Lorsque, dans une interview récente, j’ai évoqué pour la première fois la loi de 1901 sur les associations dans le débat sur la démocratie dans l’entreprise, cela a suscité quelques interrogations, voire quelques incompréhensions. C’est pourquoi je souhaiterais revenir sur quelques aspects de cette question. Lire la suite

Elire les cadres, pourquoi pas ?

L’élection des cadres, cela veut dire qu’au lieu de voir un chef nommé par la direction, et débarquer comme s’il tombait du ciel, on peut le choisir. Ça peut être un choix au sein de l’équipe de travail, si quelqu’un est intéressé et qu’il, ou elle, sait convaincre qu’il ferait ça bien, ou bien au dehors. C’est une autre manière de concevoir les relations au travail.

Dans la société actuelle, les encadrants sont nommés par la direction dans une hiérarchie descendante. La démocratie s’arrête à la porte de l’entreprise. Que se passerait-il s’ils étaient élu-es par les salarié-es ? Nicolas Dessaux répond aux questions de Tyson Coxa sur cette proposition.

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